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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 15:22

© Getty

Forme des lettres, place du texte dans la page, pression du trait... Autant de signes qui aident à décrypter la personnalité d'un candidat. Voici les grands principes de la discipline.

La graphologie dans le cadre du recrutement

Littéralement, la graphologie signifie science de l'écriture. Aujourd'hui considérée comme une branche des sciences humaines, la graphologie est avant tout une méthode d'approche de la personnalité qui s'insère dans le champ de la psychologie. Comme toute science humaine, il ne s'agit pas d'une démarche qui débouche sur une conclusion figée. 

 

Les objectifs

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Céline Bailleul, graphologue, membre du SGDS (Syndicat des graphologues diplômés de la société française de graphologie) © Céline Bailleul
 


L'analyse commence par une observation méticuleuse de l'écriture, à travers l'expressivité du geste, la représentation de l'inconscient, le symbolisme des formes et de l'espace. "La graphologie n'est qu'un test parmi d'autres pour évaluer une personnalité, elle ne doit pas se substituer à l'entretien mais lui apporter un complément", explique la graphologue Céline Bailleul. "L'analyse graphologique se fait toujours en fonction d'un poste précis à pourvoir. On observe si la personnalité d'un candidat est compatible avec la description du poste. Il ne s'agit pas d'analyser les notions affectives, les sentiments. Il est conseillé de rester naturel en écrivant, de rester soi-même. Si l'écriture est forcée, le graphologue finira par s'en rendre compte et cela faussera toute analyse." Il ne s'agit pas de juger la personne mais de voir si elle correspond à un poste. "Une personne peut ne pas être recommandée pour un poste de commercial chez un grand distributeur alors qu'elle se verra attribuer des conclusions positives pour le même poste dans une PME," précise la graphologue. Le contexte et l'environnement du poste entrent aussi en jeu dans l'analyse.

 

La démarche de l'analyse

"Il y a trois pôles qui sont étudiés, précise Céline Bailleul. Il y a la vie intellectuelle, c'est-à-dire la nature de l'intelligence, concrète, abstraite ou conceptuelle, la démarche de la pensée, le rythme intellectuel ou encore l'ouverture d'esprit. On observe également la vie sociale et le caractère, à savoir si une personne est chaleureuse ou distante, sa capacité à manager, à travailler en équipe, à coordonner des actions. Il y a aussi la vie active qui fait ressortir l'ambition, la quête ou non de reconnaissance sociale, le plaisir au travail, le rythme d'activité." Ainsi, en observant et en interprétant ces éléments, il devient possible d'établir le potentiel d'une personne par rapport au poste à pourvoir. Mais notre interlocutrice précise : "il n'y a pas de recette magique, on ne peut pas dire que telle façon de faire un t ou d'écrire les accents signifie toujours la même chose." L'analyse graphologique se base sur l'écriture dans son ensemble, l'écrit et le non écrit (marges, espaces), qui aboutit toujours à une interprétation différente. "Il n'y a pas deux écritures identiques."

L'utilisation de l'espace

Hampe, zone médiane et jambage

Une chose essentielle à prendre en compte dans l'analyse graphologique est la situation de l'écriture dans l'espace. Le graphisme de l'écriture comprend trois zones. La hampe est la partie supérieure de l'interligne utilisée pour les lettres comme t ou d. Dans la symbolique graphologique, elle représente l'esprit. Si les hampes sont accentuées dans le graphisme, cela implique un intérêt certain pour le monde des idées, une quête vers l'intellect. La zone médiane est la partie centrale qui comprend 13 lettres comme a ou r. Elle représente la sensibilité. Si elle domine, cela peut laisser penser que la personne agit davantage en fonction de ses sentiments et se montre réceptive aux autres. Enfin, le jambage, la partie inférieure (j ou p) symbolise l'aspect matériel, concret. Si le jambage ressort fortement dans le graphisme, cela peut signifier qu'on a les pieds sur terre, qu'on est plus réaliste qu'idéaliste.

 

L'écrit et le non écrit 

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Les espaces et les marges sont pris en compte en graphologie © Getty
 


Toujours dans l'étude spatiale, la place des espaces et des marges est significative. Ils font partie intégrante de l'écriture. "L'analyse graphologique observe les noirs et les blancs, l'écrit et le non écrit." précise Céline Bailleul. La façon dont l'écriture occupe la page représente l'espace personnel. Un espace bien occupé, à savoir une écriture aérée, peut refléter une certaine rigueur dans le travail, la personne doit avoir les idées claires. Mais si elle est trop espacée, excessive, cela implique une tendance à l'isolement. Une écriture serrée reflèterait quant à elle une personne active, impulsive mais aussi attentive et sensible.

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Ecriture aérée © JDN
 
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Ecriture serrée © JDN
 

 

La vitesse et la direction du graphisme 

La vitesse de l'écriture peut refléter certains traits de personnalité, en gardant toujours à l'esprit qu'un seul élément ne permet pas de tirer de conclusions. Ainsi, un graphisme lent aurait tendance à caractériser la précision, la prudence dans l'action, voire dans certains cas la nonchalance. A l'inverse, une écriture rapide représenterait plutôt les personnes dotées d'une grande vivacité d'esprit, d'une culture développée. Une écriture précipitée indique un manque de contrôle de soi.
La direction de l'écriture peut aussi être une source de renseignements à condition que ce soit sur un papier non ligné. Une écriture horizontale et harmonieuse indique un certain équilibre et une maîtrise de soi. Si elle est ascendante, elle peut indiquer l'optimisme, la confiance en soi. Si elle est descendante, on aura tendance à déceler du pessimisme voire du découragement.

 

La taille des lettres


Enfin, l'observation se fait également sur la taille de l'écriture. Une écriture grande implique que la personne éprouve un besoin de se faire remarquer, en faisant preuve d'une forte extériorisation. Une écriture petite désigne davantage une personne minutieuse, un travail de la pensée. Lorsque ce sont les majuscules qui sont agrandies, on pourra penser à un complexe d'infériorité qui amène à un gonflement du moi. 

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Ecriture petite © JDN
 

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Ecriture grande © JDN
 

 

La symbolique de l'inclinaison


L'analyse graphologique se base essentiellement sur des symboles. Ainsi, dans cette discipline, la gauche représente le passé et la droite l'avenir. Si une personne a tendance à incliner ses lettres vers la gauche, on pourra penser qu'elle est tournée vers son passé, qu'elle se base sur son vécu et a peut-être du mal à se projeter vers l'avenir. Si l'écriture penche vers la droite, cela indique une certaine ouverture sur le présent et l'avenir, une ouverture sur les autres, un besoin d'aller de l'avant. Il en va de même pour les marges. "Une marge serrée à gauche permet d'étudier les relations avec le passé, les normes, les traditions. De l'autre côté, si la marge droite est trop large, on pourra penser que la personne est assez prudente", analyse la graphologue.

 

Ecriture arrondie ou anguleuse


La forme des lettres a aussi sa signification. Deux catégories se distinguent : l'écriture arrondie, souple et l'écriture anguleuse, rigide. La première est plus accueillante, reflète une personne plus affective. C'est d'ailleurs souvent une forme très féminine. En revanche, "une écriture anguleuse indique plutôt une tendance au courage, à la rigueur", expose Céline Bailleul. On voit donc qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon d'écrire, simplement que chacune d'entre elles met en avant des traits de personnalité différents. Une écriture anguleuse, souvent rigide, peut exprimer une grande combativité mais aussi une difficulté d'adaptation au changement.

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Ecriture arrondie © JDN
 
anguleuse
 
Ecriture anguleuse © JDN
 


Une écriture juxtaposée peut indiquer de la créativité et de la réflexion ou alors une certaine inhibition.


La liaison des lettres entre elles


L'école nous apprend à écrire en liant les lettres les unes aux autres. En grandissant, chacun fait évoluer son écriture et exprime ainsi sa personnalité. Dans le cas d'une écriture liée, on peut interpréter une certaine continuité dans la pensée, dans l'activité, mais peut-être aussi un besoin de convaincre. Une écriture juxtaposée (avec peu de liaisons entre les lettres) incite à penser que la personne est créative, intuitive et fait preuve d'une grande réflexion. On peut aussi l'interpréter comme une forme d'inhibition, de ralentissement dans l'activité. Une écriture filiforme, c'est-à-dire comme un trait avec très peu de relief, peut conduire à interpréter que le candidat est paresseux ou bien très actif, en fonction des autres éléments de son graphisme.

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Ecriture liée © JDN
 
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Ecriture juxtaposée © JDN
 

 

La pression du trait


La pression que l'on applique sur la feuille en écrivant renseigne sur l'intensité des instincts, leur constance ainsi que leur orientation. Dans le cas d'une écriture légère, peu appuyée, on peut penser que la personne fait preuve de délicatesse, de discrétion mais on peut également l'interpréter comme un manque de tempérament. Si le trait est appuyé, on remarquera une certaine énergie, une forte personnalité, une volonté puissante. Une écriture très épaisse reflètera quant à elle davantage de sensualité, une importance de l'instinct. Si la pression est très irrégulière, cela peut se voir comme une résistance aux difficultés.


Pour Céline Bailleul, "la signature est un concentré de soi-même, elle représente les espoirs, les doutes, les rêves, les projets." Elle a cette particularité d'être l'expression de sa propre personnalité en ce sens que l'on ne choisit pas sa façon de signer par hasard. "Si la signature est totalement différente de la façon d'écrire, on peut être amené à évaluer différemment la personnalité du candidat", estime la graphologue. Par exemple, si elle est plus inclinée que l'écriture, on y verra une personne plus passionnée qu'elle n'en donne l'impression, qui fait preuve de plus d'élan et de sociabilité qu'elle ne le laisse supposer. La signature est d'autant plus importante qu'elle est la dernière chose lue par le recruteur. Il faut donc qu'elle exprime au mieux la personnalité. S'il est très difficile de modifier son écriture, il est possible de réfléchir à sa signature et d'en élaborer une plus fidèle à soi-même.

 

Simple ou compliquée


"La signature est un concentré de soi-même"

Il faut d'abord analyser la composition de la signature, le texte et le paraphe (traits, dessins...). Une signature simple, sans paraphe, écrivant simplement le nom, s'observe comme un signe de simplicité, de modestie mais peut aussi être vue comme de l'orgueil. Tout dépend du texte qui précède, la signature seule ne permet pas d'établir une analyse complète. Si le prénom est présent, plus il prend de la place, plus le "moi" en prend aussi.
Le paraphe complique un peu plus la signature et peut signifier beaucoup de choses. Il représente généralement l'image que l'on a de soi-même, la position que l'on se donne. A titre d'exemple, si le paraphe est un trait qui souligne le nom, il en ressort une fierté de soi, de son statut social, voire de la vanité.
Ainsi, une signature compliquée, hormis le cas de personnes à responsabilités importantes qui craignent la falsification, cache souvent une volonté de donner un type d'image, un certain prestige. Cela peut être interprété comme un manque de confiance en soi ou une peur de se dévoiler. 

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Signature simple © JDN
 
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Signature compliquée © JDN
 

 

La position


L'endroit où l'on place sa signature peut être révélateur. En reprenant la symbolique gauche-droite, une signature trop à gauche pourra indiquer un attachement au passé qui peut conduire à manque d'autonomie et des difficultés à changer ou à s'engager. Si elle est située trop à droite par rapport au texte, elle peut représenter une forme d'enthousiasme et de dynamisme, mais aussi un excès d'impulsivité ou des difficultés à anticiper.
La distance par rapport au texte est également significative. "Une signature qui colle au texte va plutôt marquer un besoin du groupe. A l'inverse, une signature éloignée désignera une personne qui a moins besoin des autres, qui peut facilement s'isoler et prendre seule des décisions."   

 

L'orientation


Tout comme pour le texte, l'orientation ascendante ou descendante de la signature a une signification. Une signature montante caractérise davantage les natures actives, l'ambition. Si la montée est excessive, il peut s'agir d'une personne qui présume de ses capacités, qui se surestime. L'orientation descendante marque une tendance à la fatigue, à la lassitude, au découragement. Elle peut aussi indiquer un problème de confiance en soi.



D'après le Journal Du Net, juin 2008

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Published by Sophie - dans Divers
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commentaires

Don Peloton 12/12/2009 09:49


Bonjour!! C'est un article très curieux! J'ai passé de bons moments en le regardant!

Merci et à bientot!


Sophie 12/12/2009 12:08


Vous m'en voyez râvie! A bientôt!


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